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14 août 2020 ABONNEZ-VOUS À LA REVUE INSCRIVEZ-VOUS AUX NEWSLETTER >> FR
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 Article de la revue
  
Amoureux fou et curieux de la vie,
CHARLES MENGE, peintre valaisan libre et heureux depuis 60 ans


à La Vidondée à Riddes, Vs

Charles Menge expose à Riddes un panorama de 60 ans de peinture et de dessin. Une véritable histoire d’amour avec la nature et la vie foisonnante traduite avec truculence et lyrisme.
 
© La flûte de pan de Jean Giono (détail)
Gouache - 40 x 50 cm
Une maison de pierre claire cachée dans les pins, fleurant bon la santoline et la résine, avec cet air de Provence qui enchante la colline de Montorge au-dessus de Sion. L’oeil bleu pétillant de malice et de joie de vivre, Charles Menge porte allègrement ses 85 ans, dont 60 de peinture.
«J’ai jamais voulu être artiste peintre, mais je dessine depuis l’enfance. A l’école je dépannais mes copains. C’était d’instinct, personne ne m’a poussé. A 16 ans j’ai décidé de gagner ma vie par le dessin. A l’Ecole d’arts industriels et graphiques de Genève, j’ai dessiné touts sortes d’objets pour des catalogues de magasins.» Après un passage aux Beaux-Arts et le service militaire, Charles Menge dessine à Zurich des boîtes de cigarettes pour Memphis. Dans sa petite chambre, il se met à peindre de mémoire, sur l’envers des cartons publicitaires, tous ses souvenirs de Sion.
 
La liberté!
Au bout de deux ans, il rentre ses tableaux sous le bras et les expose à Sion. «J’ai bien vendu et j’en ai déduit que j’étais libre!» Sans l’avoir vraiment cherché, Charles Menge est artiste peintre et n’a jamais cessé de l’être jusqu’à aujourd’hui. Au hasard des rencontres, il expose à Amsterdam puis à Louvain où il réalise deux grandes fresques pour un restaurant. De son époque genevoise, il a gardé un émerveillement pour Bruegel, découvert parmi une foule d’autres grands maîtres. A Louvain, puis en Valais, il peint des scènes de villages, de kermesses, de grands festins populaires, foisonnant de personnages truculents et d’animaux. On songe immédiatement au Flamand. Lui, pas vraiment.
C’est la vie, la satire des mœurs, les naissances, les amours et la mort qu’il mélange hardiment sur de grandes toiles fourmillantes d’actions. Ici, le berceau, là les enterrements – «J’en mets toujours un ou deux, ça fait partie de la vie» – partout des buveurs, des mangeurs. On se trousse sans complexe, les poules et les boucs se mêlent aux humains et des vols d’oiseaux en ripaille survolent la mêlée.
 

© L’été dans les vignes - Huile sur toile - 40 x 50 cm

© Les peupliers - Huile sur toile - 65 x 81 cm
 
Une multitude d’histoires
Imprégné de culture mythologique, de lectures et observateur malicieux de son monde, Charles peint des multitudes de personnages dans une quantité de toiles. «Menge, veut dire quantité en allemand», assure-t-il en riant, tout en rappelant que son nom vient du romain Memme. Inspiré par le grand repas champêtre de Giono et par la Provence, l’artiste leur dédie des toiles de fêtes mais aussi de magnifiques visions d’ocre et de gris-rose des collines sèches du sud. Les bords de mer sont envahis d’une foule de petites femmes, rondes et dorées, jouant de la harpe ou de la flûte sur les rochers. Les naïades, néréides et baigneuses de Renoir sont tout près. Le goût des chairs appétissantes allongées sur du velours et des mignonnes troussées dans la nature se déploie sur ses toiles.
 
L’éternité de la nature
L’amour de la nature est essentiel pour lui, «c’est l’éternité», et c’est avec amour qu’il crayonne finement des cortèges d’arbres frissonnant dans le vent, des herbes couchées et l’eau vive où il imagine de discrètes baigneuses. D’un métier extraordinairement virtuose et varié, Charles Menge fait aussi des portraits saisisants des vignerons et paysans. Il parcourt les vignes, croquant ici et là des scènes de travail, puis les recompose en tableaux pétillants de vie. Au pied du vieil amandier qui refleurit, il installe tous les âges de la vie, et dresse près d’une maison, à l’image de la sienne, les vignerons célèbrant la récolte.
Mireille Callu
 
A l’occasion de l’exposition Charles Menge à La Vidondée, Riddes, est édité un catalogue
de 204 pages avec 180 reproductions couleurs, format 24 x 24 cm cousu fil de lin, imprimé par Ronquoz Graphix Sion.
Prix approximatif de vente CHF 80.-
 

© Les pruneaux - Nature morte - 32 x 42 cm