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16 juin 2024 ABONNEZ-VOUS À LA REVUE INSCRIVEZ-VOUS AUX NEWSLETTER >> FR
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 Article de la revue
  
Kira WEBER

Le ForuMeyrin expose des natures mortes

Kira Weber, une artiste d’origine genevoise, revisite l’art de la nature morte et nous donne la démonstration magistrale que la peinture de chevalet, un art bien vivant et ancré dans le contemporain, il a séduit et nous séduit comme probablement les amateurs d’arts de la peinture classique des siècles passés.
 

«Le panier de grenades» - 160 x 160 cm - 2002 - © Charles Weber

«Le pot d’ail» - 150 x 150 cm - 2002 - © Charles Weber
 
Vous êtes devant la porte banale d’un immeuble genevois. Vous sonnez. Kira Weber ouvre la porte, vous prie d’entrer. Et vous voilà saisi. Saisi et fasciné par une toile de grandes dimensions posée sur un chevalet dont le sujet est un plat de grandes mandarines. L’œuvre est pourtant à l’étroit dans le pied-à-terre genevois de cette artiste qui vit en Grèce; la lumière qui fait palpiter les murs blancs de son atelier grec manque singulièrement à cet après-midi hivernal genevois. Cependant, cette unique toile peinte à l’huile vous plonge sans équivoque dans l’œuvre peint de Kira Weber. Dire qu’il y a dix ans, Kira Weber ne peignait plus!
Cette passionnée de peinture, qui parle avec émotion des œuvres des maîtres de la peinture européenne classique, savait depuis toujours qu’elle serait peintre. Après un diplôme de l’Ecole supérieure des arts visuels (ESAV) à Genève, et probablement influencée par les courants d’arts, elle se détourne cependant de la peinture et exécute de nombreuses réalisations et installations en verre de grandes dimensions pour lesquelles elle reçoit divers prix, mandats et bourses. Son travail est reconnu, ce dont la plupart se satisferaient. Mais Kira, elle, se lasse: physiquement car la réalisation de ces œuvres de verre exige une force et une concentration musculaire réelles; intellectuellement car le fait que ses créations soient de fait réservées au jugement et à la sagacité d’une élite (la petite troupe des amateurs d’art contemporain) l’indispose car, dit-elle, «on ne fait pas de l’art pour soi-même. Quelque chose sort de vous, voyage et revient.» Ceci était rarement le cas avec ses réalisations de verre pour lesquelles elle ne recevait que peu de témoignages spontanés des visiteurs. Après quelques mois scandés par des réflexions et du repos, elle revient à la peinture. Nous sommes alors en 1993.
D’emblée elle trouve sa griffe. Ce sera de la peinture à l’huile sur toile. Les sujets seront simples: des fleurs, des fruits puis des légumes. Plus tard s’y ajouteront des éléments issus de l’espace domestique tels que des plats, des pinces à linge et autres. Et ce seront des grands formats: 100x100, 160x160, voire 200x200 cm. Voilà ce dont Kira Weber avait besoin pour exprimer son talent : une technique de haute tradition qui a donné des chefs-d’œuvre. Une technique difficile et prometteuse à laquelle elle savait ne pas pouvoir échapper: «Pour mon travail, il n’y a pas d’autre moyen. La peinture à l’huile est un long chemin. Voilà dix ans que je travaille à l’huile et je commence enfin à comprendre un peu quelque chose». Les sujets tirés du quotidien sont un peu comme un hommage adressé à ce que l’on ne voit plus: «Le banal n’existe pas; il y a une beauté dans les choses toutes simples». Quant au choix du grand format, il était une évidence car «une telle échelle modifie le sens des fleurs ou des fruits». Entre autres, ces dimensions la contraignent à une recherche de perfection dans le rendu des matières, de la lumière et des ombres. Ce défi de perfection qu’elle s’est peut-être lancé se retrouve dans sa manière de régler la composition avant de commencer à peindre et dans la recherche d’équilibre et de rythme qui se retrouve dans ses tableaux. Cette alchimie dans les toiles de Kyra Weber happe le spectateur qui, s’approchant le plus près possible des toiles, cherche à saisir les secrets d’une réalité nouvellement révélée.
Quelques mots sur le tableau mentionné en début d’article: plusieurs mandarines pour partie pelées et aux quartiers détachés, pour partie entières. Elles sont disposées dans un plat typiquement marocain de céramique blanche avec un décor d’entrelacs bleu, ou à même un plateau de cuivre décoré de motifs gravés.
Cette toile illustre le changement de sens auquel faisait allusion l’artiste: ces gros quartiers, cette peau orange et poreuse, les membranes blanchâtres et duveteuses cessent d’être eux-mêmes. Perdant de leur identité, ils gagnent en abstraction, devenant matière, lumière et ombre alors que la virtuosité de l’artiste rend à la peinture à l’huile une transparence mystérieuse.
Depuis qu’elle a recommencé à peindre, Kira Weber se réjouit aujourd’hui de ce que «de nombreuses personnes viennent me remercier, me dire combien elles ont été touchées par certains de mes tableaux ou combien plus simplement elles ont éprouvé du plaisir.»
Cette exposition est double. En une vingtaine de tableaux, elle présente une rétrospective depuis 1993 ainsi que des œuvres de ces dernières années.
Françoise Fasel Berta
 
Genève > 1217 Meyrin 
FORUMEYRIN
Place des Cinq-Continents 1
bus 9, arrêt ForuMeyrin
1217 Meyrin
Tél. 022 782 82 82 - Tél. 022 989 34 34
Me et Sa 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 ainsi qu'une heure avant les représentations
FORUMEYRIN EST UNE INSTITUTION
DE LA COMMUNE DE MEYRIN

 
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