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16 juin 2024 ABONNEZ-VOUS À LA REVUE INSCRIVEZ-VOUS AUX NEWSLETTER >> FR
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 Article de la revue
  
Des couleurs sur le tableau noir de la vie

Ondes de choc picturales de Dany Dasto à Ballens

Installé dans les alpages au-dessus de Montreux depuis bientôt 30 ans, Dany Dasto perçoit et interprète sur ses toiles les convulsions du monde. Optimiste, amant passionné de la vie, mais point frivole, il répercute les ondes de choc des événements avec les couleurs, promesses de renaissance.
 

Dany DASTO - «Vertitudes» - 55 x 38 cm

Dany DASTO - «Le jour du 11 septembre» - 61 x 50 cm
 
La peinture, dans la vie de cet ingénieur chimiste vosgien, est survenue comme un coup de foudre. La Tate Gallery de Londres, un jour creux de voyage professionnel, lui révéla Turner. Rencontre mémorable avec la transparence et une certaine spiritualisation de la peinture. Jamais, Dasto ne s’est imaginé suivre les traces du visionnaire anglais mais le déclic de la couleur venait de se produire. Et c’est précisément la couleur qui est devenue peu à peu une manière de philosophie de la vie. Quand tout est noir et tragique on peut encore poser un rouge vif, un bleu profond et faire germer un vert tendre.

De la science à la vie
La chimie et la biologie, qui conduisaient professionnellement Dasto dans la protection de l’eau, le sensibilisaient aussi aux manifestations de la nature. Dès qu’il se mit à peindre, les thèmes se succédèrent par séquences de 4 à 5 ans. Le peintre avait forgé ses outils, créé son «écriture» graphique, ouvert sa palette, regardé les grands maîtres et approché quelques-uns. A l’époque où il se captiva pour l’architecture souterraine des arbres, un peu de cubisme flottait dans ses belles figures de racines, troncs et branches.
Son intuition lui fit plus tard aborder le thème du viol, alors que l’on commençait à en parler abondamment dans les journaux. Depuis, il a toujours ressenti profondément les grands tumultes de l’humanité, sans rien perdre de son optimisme mais en portant sur la toile, à la manière d’un «journaliste de la peinture» l’émotion qu’ils suscitaient en lui. Il faut citer la grève des mineurs anglais, l’incendie des bois de Californie, la guerre du Golfe parmi les thèmes qu’il traita sous le coup de l’indignation et de l’émotion. Les rouges, orange et noirs fusent en touches rectilignes régulières, se déploient en plumages de cendres et lances de feu. La turbulence des foules et des combats prend des formes agitées et des couleurs vives.
 

Dany DASTO - «Renaissance de la vie» - 145 x 113 cm

Dany DASTO - «Le pont des soupirs» - 73 x 54 cm
 
La ville en transe
Loin des sujets graves du monde, Dasto consacra une séquence aux bords de mer et aux fonds marins. Une riche fantaisie dans les couleurs insolites des oursins et des jardins de la mer, dans les visions aériennes des floraisons terrestres donnait une impression de légèreté décorative à celui qui n’avait pas connu les chapitres précédents. Cette aimable saison fut suivie d’une période de latence, d’attente d’une provocation de la réalité. Un nouveau départ se manifesta avec le singulier champ vert, blasonné d’une sorte de bannière rouge, et intitulé «Isolationnisme». C’était l’été 2001 et le peintre retrouvait un souffle nouveau avec, bien en main, son style, ses outils, son élan.
Et survint le 11 septembre! La réaction émotive fut une quarantaine de toiles réalisées en plus d’une année. L’éclatement rouge brique, feu et sang, le trou noir et la fournaise, les fractures en signes de croix, tout un vocabulaire de formes strictement rectangulaires. Plus la moindre courbe comme dans les séquences précédentes, mais la brutalité, la violence des cubes se renversant les uns sur les autres. Quelque chose de violemment mâle. La ville en transe, la ville de glace, pétrifiée dans la stupéfaction des touches rectilignes bleuissant dans un silence sépulcral.
Ce sont ces toiles que l’on verra à Ballens dans une progression allant de l’éclatement à la renaissance. Les tons s’adoucissent, un peu de vert aparaît sur le fond chaotique, puis deux ou trois fleurs, pleurant des larmes de sang et finalement des corolles blanches, soyeuses comme des pavots que Dasto n’avait faits depuis longtemps. Instinctivement le vocabulaire retrouve ses courbes de tiges comme un espoir que le peintre possède en lui, profondément enraciné.
Mireille Callu
 

Dany DASTO - «La Ville en transe» - 88 x 145 cm
 
Vaud > 1144 Ballens 
GALERIE EDOUARD ROCH
1144 Ballens
Tél. 021 809 54 35 - Fax 021 809 52 05
Me-Di 14h30-18h et sur RVs
 
www.edouardroch.ch
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